Le GP Explorer 3 s’est conclu le 5 octobre 2025 sur le circuit Bugatti du Mans par la victoire de Karchez, pilote espagnol, devant Kaatsup et Maxime Biaggi. Cette troisième et dernière édition de l’événement imaginé par Squeezie a réuni 24 participants – créateurs de contenu, streamers, artistes et rappeurs – au volant de monoplaces de Formule 4. Plus de 1,4 million de spectateurs ont suivi la course en direct sur Twitch, un record absolu en France pour ce format.
Le duel final du GP Explorer 3 : chronologie d’une course sous tension
Karchez s’élançait depuis la pole position, une position acquise en qualification et qui allait peser lourd dans le déroulement de la course. La pluie, annoncée comme facteur d’incertitude avant le départ, a ajouté une couche de complexité à une piste déjà exigeante pour des pilotes dont le niveau de formation reste hétérogène.
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La course sprint avait déjà livré un premier indicateur : Karchez s’y était imposé devant Squeezie et Maxime Biaggi, selon les résultats relayés par L’Equipe. Ce résultat de la sprint est distinct du classement final de la grande course – une distinction que les récits de l’événement ont parfois mélangée.
Squeezie, organisateur et concurrent, a été contraint à l’abandon après un tête-à-queue. SCH, lui, a frôlé la sortie de piste à plusieurs reprises avant d’être sauvé in extremis d’une élimination mécanique. Ces incidents ont reconfiguré la course en sa seconde moitié, ouvrant de l’espace à Karchez pour gérer son avance.
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Ce qui a fait la différence dans le pilotage de Karchez
La question posée par la performance de Karchez n’est pas tant sa vitesse brute que sa régularité. Dans un événement où la majorité des participants n’ont pas de background en monoplace, la gestion des pneumatiques sur piste humide et la lecture de la trajectoire aux freinages constituent des avantages déterminants.
Karchez a piloté sans faute majeure sur l’ensemble de la distance, là où ses adversaires directs ont subi des incidents ou des dégradations de rythme. Kaatsup, deuxième au classement final, est revenue sur ce podium dans un épisode de Zack en Roue Libre, évoquant une forme de « revanche » personnelle – ce qui suggère une préparation orientée sur la durée plutôt que sur un seul week-end.
Maxime Biaggi complète le podium à la troisième place. Son classement, cohérent entre la course sprint et la course finale, indique une performance construite sur la constance plutôt que sur un coup d’éclat.

Le format Formule 4 : ce que la monoplace révèle des participants
Le GP Explorer repose depuis sa première édition sur un choix technique précis : la Formule 4. Ce type de monoplace exige une technique de pilotage radicalement différente d’un karting ou d’une voiture de route. L’appui aérodynamique, le comportement sous freinage et la sensibilité aux conditions de piste demandent une adaptation rapide.
- La phase de freinage en monoplace est beaucoup plus courte et plus violente qu’en GT : mal dosée, elle provoque soit un blocage de roue, soit un sous-virage qui fait perdre plusieurs dixièmes par tour.
- La gestion de la pluie sur un circuit comme le Bugatti, avec ses variations d’adhérence selon les zones, implique de modifier ses points de corde en permanence – une compétence que les pilotes sans expérience de circuit humide acquièrent difficilement en quelques jours.
- La fatigue physique en monoplace est sous-estimée par les néophytes : les forces G latérales sur les enchaînements du Bugatti sollicitent le cou et les avant-bras de façon continue, ce qui se traduit par une dégradation du pilotage en fin de course pour ceux qui n’y sont pas préparés.
Ces contraintes techniques expliquent en partie pourquoi les participants ayant suivi une préparation spécifique au pilotage sur circuit fermé ont tendance à se distinguer dans les dernières phases de la course, quand les autres s’épuisent ou commettent des erreurs.
SCH et les limites du format spectacle sur piste
L’épisode SCH mérite une lecture séparée. Sa survie en course jusqu’au bout, malgré des difficultés mécaniques ou de pilotage répétées, illustre une tension propre au GP Explorer : l’événement est conçu autant comme un spectacle que comme une compétition pure.
Cette ambivalence n’est pas un défaut de conception – elle est délibérée. Squeezie a construit le GP Explorer sur la lisibilité narrative autant que sur la performance sportive. Les retournements de situation, les abandons spectaculaires et les survies in extremis font partie de ce que le format cherche à produire pour ses spectateurs.
Pour autant, Karchez a remporté cette édition par la performance, pas par le scénario. Sa pole, sa victoire en sprint et son triomphe en course finale forment un bilan sans ambiguïté dans les résultats bruts.
Une dernière édition : ce que le GP Explorer 3 laisse comme trace
Le GP Explorer 3 est annoncé comme la dernière édition de l’événement. Cette fin programmée modifie rétrospectivement la lecture de la course : Karchez n’est pas seulement le vainqueur d’une édition, il est le dernier vainqueur d’un format qui a démontré qu’un événement automobile organisé par un créateur de contenu pouvait atteindre des audiences comparables à celles de compétitions institutionnelles.
Les retours de Kaatsup et Maxime Biaggi dans des formats audio et vidéo après l’événement indiquent que le GP Explorer a généré une expérience suffisamment forte pour alimenter des récits prolongés. Ce n’est pas systématique dans les événements de ce type, où la compétition reste souvent anecdotique une fois l’adrénaline retombée.
La question de ce que Karchez a fait différemment des autres reste partiellement ouverte : les sources disponibles documentent ses résultats mais pas le détail de sa préparation physique ou technique en amont. Ce manque est lui-même révélateur – dans un événement aussi médiatisé, la préparation sportive reste le point le moins couvert, au profit du spectacle de la course elle-même.

