100 kW, c’est une puissance mécanique lue en case P.2 de la carte grise. Convertie en chevaux DIN, cette valeur donne environ 136 ch. Convertie en chevaux fiscaux, elle donne un tout autre chiffre, calculé par une formule administrative qui n’a rien à voir avec les performances du moteur. Confondre les deux coûte cher au moment de l’immatriculation ou de la déclaration de frais réels.
Formule officielle : pourquoi 100 kW ne donnent pas le même CV fiscal selon votre véhicule
La conversion kW vers chevaux DIN est linéaire : 1 ch = 0,7355 kW. 100 kW correspondent donc à 136 ch DIN, point final. La puissance fiscale, elle, obéit à une formule réglementaire qui a changé avec le passage au cycle WLTP.
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Pour les véhicules homologués depuis 2020 et les véhicules électriques, la formule est : CV = 1,8 x (kW/100)² + 3,87 x (kW/100) + 1,34. Appliquée à 100 kW, elle donne 7,01, arrondi à 7 CV fiscaux. Pas de variable CO₂ dans ce calcul, ce qui simplifie la donne pour les motorisations électriques et les thermiques récents.
L’ancienne formule, applicable aux thermiques immatriculés avant 2020, intégrait les émissions de CO₂ : CV = (CO₂/45) + (kW/40)^1,6. Deux véhicules de 100 kW pouvaient donc afficher des puissances fiscales très différentes selon leur niveau d’émissions. Un diesel sobre tombait à 5 CV, un SUV essence mal optimisé montait à 9 ou 10 CV.
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Nous recommandons de vérifier la case P.6 de la carte grise plutôt que de recalculer manuellement. C’est la seule valeur opposable pour l’administration, l’assureur et le barème kilométrique.

Carte grise d’un véhicule de 100 kW : coût réel en 2026
Le prix de la carte grise dépend directement de la puissance fiscale multipliée par le tarif régional du cheval fiscal. À 7 CV fiscaux, la taxe régionale représente sept fois le tarif unitaire de votre région.
Ce tarif a fortement augmenté ces dernières années. Plusieurs régions (Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand Est, Normandie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, La Réunion) atteignent ou frôlent désormais le plafond légal. L’Île-de-France a elle aussi relevé son tarif. Un même 7 CV fiscaux ne coûte pas la même chose selon la région d’immatriculation.
Fin de l’exonération pour les véhicules électriques
Jusqu’à récemment, la quasi-totalité des régions exonéraient les voitures 100 % électriques de la taxe régionale sur la carte grise. Depuis le 1er mai 2025, cette exonération a été supprimée presque partout. En août 2026, seules les Hauts-de-France conservent une exonération, réduite à 50 %.
Un véhicule électrique de 100 kW (7 CV fiscaux) paie donc aujourd’hui la même taxe régionale qu’un thermique de puissance fiscale équivalente dans la majorité des régions. L’argument du « carte grise gratuite pour l’électrique » ne tient plus.
Puissance fiscale et barème kilométrique : l’impact sur vos frais réels
Le barème kilométrique des impôts plafonne la puissance fiscale prise en compte à 7 CV. Un véhicule de 100 kW (7 CV fiscaux avec la formule post-2020) tombe pile sur ce plafond, ce qui en fait un seuil intéressant pour les contribuables déclarant leurs frais réels.
Au-delà de 7 CV fiscaux, les kilomètres supplémentaires ne génèrent pas de déduction plus élevée. Un véhicule de 120 kW (environ 8 CV fiscaux) sera donc plafonné au barème 7 CV. À l’inverse, un 100 kW exploite le barème à son maximum sans gaspillage fiscal.
- En dessous de 100 kW, la puissance fiscale tombe à 5 ou 6 CV selon la formule, ce qui réduit le montant déductible par kilomètre
- À 100 kW exactement, les 7 CV fiscaux permettent de bénéficier du plafond du barème kilométrique
- Au-dessus de 100 kW, la puissance fiscale augmente mais le barème reste bloqué à 7 CV, sans gain fiscal
Pour les véhicules électriques, le barème kilométrique est majoré de 20 %. Un électrique de 100 kW (7 CV) combine donc le plafond du barème et la majoration de 20 %, ce qui maximise la déduction.

Assurance auto et puissance fiscale : ce que les assureurs lisent vraiment
Les compagnies d’assurance utilisent la puissance fiscale comme l’un des critères de tarification, mais pas de la manière dont la plupart des automobilistes l’imaginent. Le seuil de 7 CV fiscaux place un véhicule de 100 kW dans une catégorie intermédiaire, ni citadine ni berline puissante.
Nous observons que la prime augmente nettement à partir de 8-9 CV fiscaux, où les assureurs appliquent un coefficient de risque supérieur. Rester à 7 CV fiscaux avec un moteur de 100 kW offre un bon compromis entre performance réelle (136 ch DIN) et coût d’assurance maîtrisé.
La puissance DIN, en revanche, intervient dans l’évaluation de la valeur de remplacement et du profil de risque. Un véhicule de 136 ch DIN reste dans la tranche modérée pour la majorité des assureurs généralistes.
Résumé des conversions pour 100 kW
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Puissance mécanique | 100 kW |
| Chevaux DIN | 136 ch |
| Chevaux fiscaux (formule post-2020) | 7 CV |
| Case carte grise (puissance) | P.2 |
| Case carte grise (puissance fiscale) | P.6 |
Le seuil de 100 kW constitue un point d’équilibre rarement souligné : 7 CV fiscaux placent le véhicule au plafond du barème kilométrique, dans une tranche d’assurance modérée, et à un niveau de taxe régionale encore raisonnable malgré les hausses récentes. Pour un achat automobile, cette donnée mérite autant d’attention que le couple ou la vitesse de pointe.

